Développement personnel

Reprendre le pouvoir sur son corps pour apaiser le mental et optimiser son bien-être

Penser, vous avez dit pensées ?

Si nous sommes capables d’identifier assez facilement les facteurs externes à nos états de stress, en  revanche il nous est plus difficile de repérer les facteurs internes. Il est certain qu’il existe une multitude de circonstances extérieures qui génèrent du stress mais il est aussi certain que nous créons et entretenons nous-mêmes notre anxiété par le biais d’un ennemi insoupçonné : nos pensées !
 
Nous avons environ 60 000 pensées par jour et 98 % sont les mêmes qu’hier, étonnant, non ? Faites le bilan et vous constaterez que votre dialogue intérieur est à peu près toujours le même. Dans son livre « on est foutu on pense trop » Serge Marquis décrit notre activité mentale comme la course d’un hamster dans sa roue et il dit « la course du hamster nous empêche de voir le spectacle de vie ». En effet nous enchaînons nos pensées de façon automatique et la plupart d’entre elles sont anxiogènes, nous sommes maîtres en sabotage : critiques et jugements envers nous-mêmes et envers les autres le plus souvent sans vraiment en avoir conscience.  Et ce n’est pas tout ! Vous avez certainement remarqué que les informations triées par le cerveau sont souvent de nature négative, ce n’est pas une tendance masochiste mais une programmation ancestrale pour assurer notre survie. Aujourd’hui la préhistoire est bien loin et il est rare de croiser un ours aux détours de notre chemin mais notre cerveau conserve cet état d’alerte et un penchant à retenir le négatif plutôt que le positif. 
 

Identifier les processus de distorsion

Dans le mécanisme des pensées, il existe différents processus de distorsion qui interviennent dans le traitement de l’information. Les connaître permet d’y apporter les antidotes.

- L’inférence arbitraire : c’est l’effet « boule de cristal » qui prévoit uniquement le pire « ça va mal se passer », ou l’effet « télépathe » : certitudes sur ce que pensent les autres de nous-mêmes « ils me prennent pour un nul ».
- L’abstraction sélective : consiste à isoler une information de son contexte pour en tirer une conclusion aggravante. Interprétation de petits faits, ton de la voix, aucun sourire, vont  prendre de l’importance et vont alimenter une crainte qui n’existe pas ex : ma collègue ne m’aime pas ».
- La minimalisation et la maximalisation : en stress, on minimalise ses réussites et on maximalise ses échecs ex : « ça marche trop bien je vais le payer ». Quand c’est bien c’est normal. Je ne dis que ce qui va mal. (Dans notre pays nous recevons 8 marques d’attention négatives pour 2 positives, au Canada c’est le contraire, à méditer).
- La surgénéralisation : tirer des conclusions générales à partir d’un fait particulier ex : « j’ai raté mon entretien, je suis vraiment nul ».
- La personnalisation : prendre à son compte tout ce qui arrive ex : « si le projet n’avance pas c’est de ma faute ».
- La pensée dichotomique : penser en tout ou rien « tout ce que je fais doit être parfait ».
 

Arrêter le pilote automatique

 
Agir sur ses pensées permet de libérer de l’espace pour du nouveau et ainsi optimiser son bien-être en récupérant de la Confiance en soi, de la motivation et de l’énergie. Les nouvelles technologies d’imagerie médicale permettent d’avancer en matière de connaissance sur le fonctionnement du cerveau et la bonne nouvelle c’est que celui-ci est capable de se transformer tout au long de la vie. La découverte de cette neuro-plasticité nous confirme que chacun de nous a le pouvoir de changer et de modifier ses pensées automatiques génératrices de stress chronique. Pour cela on peut se servir de son corps pour ralentir son activité mentale, voici quelques possibilités :
 
- Méditer : il s’agit de faire une pause dans sa journée « méditer c’est rester présent, rien de plus » Jon Kabat-Zinn. Pour débuter vous pouvez vous exercer à pratiquer le body scan ou balayage corporel qui s’appuie sur la connexion corps/esprit déterminante pour la réduction du stress et la gestion des pensées. En pratique : allongé sur le dos, vous accordez votre attention à chaque partie de votre corps et de ce que vous ressentez : chaleur, froid, picotements, détente, tension dans les membres, les muscles…Vous accueillez ce qui se présente en laissant aller votre conscience en balayant chaque partie à gauche et à droite en allant des pieds à la tête. Respirez tranquillement.
 
- La cohérence cardiaque : pratiquez la méthode 365 : 3 fois par jour faites 6 respirations par minute pendant 5 minutes. En pratique : Asseyez-vous le dos bien droit et les jambes décroisées, inspirez profondément, lentement et régulièrement en comptant jusqu’à 5 secondes dans votre tête ou à l’aide de la trotteuse de votre montre. Expirez tout aussi profondément pendant 5 secondes. Répétez ce cycle pendant 5 minutes le matin, à midi et le soir. L’avantage de cette méthode c’est que vous pouvez la pratiquez n’importe où et avec un peu d’entrainement vous pourrez le faire très discrètement. Effet garanti sur la gestion du stress si vous pratiquez tous les jours !
 
- Adoptez une posture positive : tenez -vous droit, les épaules en arrière, le menton relevé et souriez. La position du corps peut changer un état émotionnel. Souriez même si c’est un peu forcé, vous verrez que le sourire induit une vision positive. La recherche a démontré que la position du corps change la température du cerveau qui à son tour modifie la rapidité des réactions chimiques, l’émotion et l’attitude. Un test a été réalisé sur des sujets qui devaient classer des bandes dessinées en fonction de leur drôlerie en tenant leur stylo soit entre les dents soit entre les lèvres. Tenir un stylo entre les dents les forçait à sourire. Le tenir entre les lèvres leur faisait froncer les sourcils. Ceux qui tenaient le stylo entre les dents, forcés à sourire, trouvèrent les dessins plus drôles.
Maintenant que vous savez, expérimentez ! Vous pouvez changer votre carte mentale, votre vision de vous-même, faire un pas de côté pour reprendre le pouvoir sur vos pensées, émotions et comportements, être responsable de votre bien-être personnel et professionnel.
Nous ne maîtrisons pas les évènements qui nous arrivent mais nous avons toujours le choix sur la façon d’y répondre.
 
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Michelle TANNOUS, Kinésiologue-coach en psychologie positive-formatrice
18/05/16
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